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Soutrâs bouddhiques

Ici, les internautes pourront trouver des textes fondateurs et fondamentaux du bouddhisme, énoncés soit par Bouddha soit formulés postérieurement en s'inspirant des grandes lignes ou points de détails de la Doctrine du Bouddha. Les textes originaux sont soit en pâli, sanscrit( (hinyâna), soit en chinois (mahâyâna), soit en tibétain (vajrayâna )et leur traduction dépend beaucoup du traducteur ou du courant dans lequel elle s'inscrit. (nos chaleureux remerciements reconnaissants vont à Gilles Prin, zenmontpellier.net, reocities.com/teravada.geo )

Hinayana

Mahayâna

Vajrayana

 

S'il en est un seul à connaître, c'est bien le Maha Prajna Paramita Hridaya soutrâ  ou soutrâ de l'Essence de la Perfectibilité de la Sagesse Suprême. c'est le soutrâ le plus récité par les 3 véhicules et contenant la quintessence de la doctrine du Bouddha. Il est conseillé de le connaître par coeur, ça ne peut pas faire de mal !!

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Sceau du Dharma

Alors que l'Eveillé se trouvait à Vaiśali avec sa communauté de moines, un jour, il dit à la communauté :

- Connaissez-vous le merveilleux sceau du Dharma ? Aujourd’hui, j’aimerais vous en parler et vous l’expliquer. Faites usage de votre compréhension pure afin de l’écouter et de le recevoir avec attention, et faites de votre mieux pour vous en souvenir et le mettre en pratique. 

La communauté des moines répondit :

- Comme cela est merveilleux, Ô Très Honoré ! S’il vous plaît, enseignez nous, nous sommes tellement désireux d’écouter ! 

Le Bouddha dit :

- Le vide n’est ni être ni non-être. Le vide ne fait pas partie des vues erronées. Il n’est ni produit, ni détruit et ne peut pas être saisi par les concepts. Pourquoi en est-il ainsi ? Il en est ainsi parce que le vide ne peut être situé dans l’espace. Il n’a pas de forme, on ne peut le concevoir, il n’a jamais pris naissance, ne peut être saisi par l’intellect et dépasse toute saisie. Parce qu'il ne peut être saisi, il contient tous les phénomènes et demeure seulement dans la sagesse d’équanimité et de non-discrimination. Cette sagesse est la compréhension vraie et correcte.
Moines ! Vous devez encore savoir que non seulement le vide est ainsi, mais que tous les phénomènes sont également ainsi, c’est ce qu'on appelle le sceau du Dharma.

Moines ! Ce sceau du Dharma se nomme 'Les trois portes de la libération'. C’est l’enseignement de base de tous les Bouddha ; l’œil de tous les Bouddha, la destination de tous les Bouddha. De ce fait vous devez bien écouter, le comprendre entièrement, vous en souvenir et le pratiquer au cœur même de la réalité.

- Moines, trouvez un endroit tranquille pour méditer sur la nature propre de la réalité, par exemple sous un arbre dans la forêt. Vous verrez alors que la forme est souffrance, qu'elle est vide et impermanente ce qui aura pour résultat de vous libérer de l’attachement à la forme et de vous permettre de demeurer dans la compréhension sans discrimination de la forme. Puis, pratiquez de la même manière pour les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Puis élevez-vous au-dessus de toute vue fausse à leur sujet. Réalisez la compréhension sans discrimination à leur sujet.                                                             

Moines, les cinq agrégats sont vides ; ils sont un produit de l’esprit. Une fois que l’esprit cesse de fonctionner, les agrégats cessent également d’opérer. Si vous voyez ainsi, vous serez émancipés et libres de toute vue. Ceci est la vacuité, la première porte de la libération.

De plus, en vous établissant dans la concentration, voyez la dissolution de la forme et libérez-vous de la nature illusoire de la perception vis-à-vis de la forme. Les autres objets qui sont l'ouïe, l’odorat, le goût, le toucher, le mental et les objets du mental disparaissent aussi. Cette méthode de méditation s’appelle ‘Absence de signe’, la deuxième porte de la libération. Une fois cette porte passée, votre compréhension sera pure et à cause de cette pureté de compréhension, les trois poisons de l’esprit (désir, haine et illusion) seront déracinés. Ces trois poisons déracinés, vous demeurerez dans la sagesse sans discrimination. Lorsque vous serez établis dans cette compréhension, les vues concernant ‘le moi et le mien’, et par conséquent toutes les vues incorrectes, n’auront plus de bases ni d’occasions d’apparaître.

Moines, une fois que vous serez libérés de la vue de ‘je suis moi-même’, vous ne considèrerez plus ce que vous voyez, entendez, ressentez et percevez comme des réalités indépendantes de votre propre conscience. Pourquoi ? Il en sera ainsi parce que vous saurez que la conscience se manifeste aussi à partir de conditions, qui sont impermanentes et qui ne peuvent non plus être saisies en raison de leur caractère sans cesse changeant. Cette méditation s’appelle ‘Non poursuite’, la troisième porte de la Libération. Une fois cette porte passée, vous ferez l’expérience totale de la vraie nature de tous les phénomènes, vous ne vous attacherez plus à aucun phénomène et vous aurez vu la nature d’extinction de tous les phénomènes.

Le Bouddha dit à la communauté de moines :

- Ceci est le sceau merveilleux du Dharma, les trois portes de la libération. Si vous l’apprenez et le mettez en pratique, vous atteindrez certainement la compréhension pure. 

Les moines furent très heureux d’entendre les paroles du Très Honoré. Ils le saluèrent avec respect après avoir promis d’étudier et de pratiquer son enseignement.

 

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5  méthodes pour mettre fin à la colère

Ainsi ai-je entendu dire le Bouddha, un jour qu’il demeurait au monastère d’Anathapindika, dans le parc Jeta, non loin de Sravasti. Ce jour-là, le Vénérable Sariputra dit aux moines:

“Chers amis, aujourd’hui je voudrais vous faire partager les cinq méthodes pour mettre fin à la colère et à la haine. Je vous prie de m’écouter attentivement et de méditer sur ce que je vais vous dire.” Les moines consentirent à l'écouter attentivement. “Quelles sont ces cinq méthodes pour mettre fin à la colère et à la haine? demanda le Vénérable Sariputra.

 “Voici la première méthode, chers amis:                                                     

Si les actions d’une personne ne sont pas aimables mais que ses paroles le sont et qu’elle nous met en colère, parce que nous sommes sages, nous devrions savoir comment méditer pour mettre fin à notre irritation ou à notre colère.

“Chers amis, imaginons un moine qui pratique l’ascétisme et aime se vêtir d’une robe faite de morceaux de tissu. Un jour, il passe devant un dépotoir dégoûtant avec des excréments, de l’urine, du pus et d’autres saletés et il voit un morceau de tissu encore intact. De sa main gauche, il ramasse le tissu et de sa main droite, il l’étend. En voyant que le morceau de tissu n’est pas encore troué ni sali par les excréments, l‘urine, le pus et d’autres saletés, il le plie aussitôt, le garde et le rapporte chez lui pour le laver puis le coudre avec d’autres morceaux afin de faire une robe.

“Chers amis, de la même manière, quand une personne n’agit pas avec bonté mais prononce encore des paroles aimables, ne prêtons pas attention à ses actes. Par contre, pensons uniquement à ses paroles afin de pouvoir mettre fin à notre irritation ou à notre colère. Un sage devrait pratiquer ainsi.

 “Voici la deuxième méthode, mes chers amis: Si une personne ne dit pas de paroles aimables mais agit avec bonté, et qu’elle nous met en colère, comme nous sommes sages, nous devrions savoir comment méditer pour mettre fin à notre irritation ou à notre colère.

“Mes chers frères, disons que non loin du village se trouve un lac profond. Mais sa surface est couverte d’algues et d’herbes. A ce moment, une personne torturée par la faim, la soif et la chaleur s’approche du lac. Elle se déshabille, pose ses vêtements au bord du lac, plonge dans l’eau, écarte les algues et les herbes de ses deux bras, se désaltère et savoure la baignade.

“Chers amis, il en est ainsi quand quelqu’un ne dit pas de paroles aimables mais agit avec bonté. Ne prêtons pas attention à ses paroles mais soyons attentifs uniquement à ses actes aimables afin de mettre fin à notre colère. Un sage devrait pratiquer ainsi.

“Voici la troisième méthode, chers amis: Si une personne n’agit ni ne parle gentiment mais a encore quelques pensées aimables et nous met en colère, comme nous avons une vision profonde, nous devrions chercher à méditer de façon à pouvoir mettre fin à notre colère.

“Chers amis, supposons qu’une personne qui se trouve à bout de force et qui souffre de la soif, de la pauvreté, de la chaleur et des afflictions, arrive à un carrefour où se trouve l’empreinte de pas d’un buffle dans lequel un peu d’eau de pluie stagne encore. La personne pense: “Comme il y a très peu d’eau dans cette empreinte de pas de buffle, si je prends l’eau avec ma main ou une feuille, je risque de la remuer et de la rendre trouble, boueuse et imbuvable. Dans ce cas, je ne pourrais pas me désaltérer, mettre fin à ma misère, à la chaleur et à mes afflictions”. En se disant ‘Agenouille-toi, pose tes bras et tes genoux par terre et bois l’eau directement de ta bouche’, cette personne se met immédiatement à genoux avec ses bras complètement sur le sol et boit en posant sa bouche juste sur le trou creusé par l’empreinte.

“Mes chers frères, de la même manière, quand une personne n’agit ni ne parle gentiment, mais a encore un peu d’amabilité dans ses pensées, ne prêtons pas attention à ses actions ou à ses paroles peu aimables, mais soyons attentifs par contre seulement à ses rares pensées aimables afin de pouvoir mettre fin à notre colère ou à notre haine. Un sage devrait pratiquer ainsi.

“Voici la quatrième méthode, chers amis: Si une personne n’agit ni ne parle gentime

nt et que dans son cœur, il ne reste plus rien que l’on puisse appeler aimable, si nous sommes en colère et que nous sommes sages, nous devrions chercher à méditer de façon à pouvoir mettre fin à cette colère.

“Chers amis, supposons qu’une personne voyage loin et tombe malade le long du chemin. Le dernier village qu’elle a quitté depuis longtemps, et celui vers lequel elle se dirige, sont encore bien loin. Souffrant, épuisée, seule, elle tombe dans le désespoir en sachant qu’elle mourra sur le chemin. A ce moment-là, quelqu’un apparaît, la trouve dans cet état et lui porte secours immédiatement. Il la soutient de ses bras pour l’emmener au prochain village, prend soin d’elle, la soigne et lui fournit tous les aliments et les médicaments nécessaires. Grâce à son aide, la personne est sauvée. Si cette personne est   sauvée, c’est grâce à l’amour et à la compassion de l’autre.

“De la même manière, chers amis, quand nous voyons quelqu’un qui n’agit ni ne parle avec bonté et qui n’a rien dans son cœur qui s’apparente à l’amabilité, nous devrions penser ceci:

“Une personne dont les actes, les paroles et les pensées ne sont pas aimables est une personne qui souffre beaucoup. Elle s’engage certainement dans un chemin extrêmement dangereux. Si elle ne rencontre pas d’ami, elle n’aura aucune chance de se transformer et d’aller dans la voie qui mène au bonheur.” En pensant ainsi, nous pouvons ouvrir notre cœur à la compassion et à l’amour, mettre fin à  notre colère et aider l’autre personne. Un sage devrait pratiquer ainsi. 

 “Voici la cinquième méthode, chers amis: Si quelqu’un agit et parle gentiment, s’il est également aimable dans ses pensées et que malgré cela, mous sommes en colère ou jaloux contre lui, comme nous sommes sages, nous devrions chercher à méditer de façon à pouvoir mettre fin à notre colère.

“Chers amis, supposons que, non loin d’un village, se trouve un beau lac. L’eau du lac est aussi limpide que douce. Le fond est profond et plat. Le bord est régulier et couvert d’herbes fraîches et les quatre côtés sont ombragés par des arbres luxuriants et verts. Une personne qui a soif, qui souffre des afflictions, de la chaleur et qui est couverte de sueur, arrive au lac. Elle se déshabille, pose ses vêtements au bord du lac, se plonge dans l’eau, se désaltère et savoure pleinement la baignade. Sa chaleur, sa soif et ses afflictions se dissipent. Il en est ainsi, chers amis, quand nous voyons quelqu’un qui agit, parle et pense gentiment. Nous devrions reconnaître cette amabilité reflétée dans les trois domaines, actions, paroles et pensées, sans laisser la colère ou la jalousie nous envahir. Si nous ne savons pas comment vivre heureux avec une personne aussi fraîche, nous ne vivons vraiment pas dans la sagesse.

“Mes chers frères, j’ai partagé avec vous les “Cinq méthodes pour mettre fin à la colère”. Après avoir entendu le Vénérable Sariputra, les moines furent heureux de recevoir ces enseignements et de les mettre en pratique.

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