Bouddhisme

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Qu'est-ce que le Zen ?

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Selon le cliché-archétype le Zen est mondialement connu sous l'image d'un maître, en kolomo noir, d'un moine en kimono noir aussi ou d'un adepte vêtu à l'occidentale, prostré dans une assise rigide, les mains dans un mudra méditatif que rien ne trouble.

Bouddhiste, le Zen l'est certainement foncièrement d'une manière sous-jacente, rien qu'à la présence d'une statuette du Bouddha Sakyamuni/Shaka-Nyorai ou Amithaba/Amida, ou d'un des nombreux boddhisattvas/bosatsu tel Manjushri/Monju,(sagesse) Avalokitesvara/ Kwannon (compassion), Maitreya/Mirakou (le bouddha à venir) prônant dans tout zen-dôjô qui se respecte. C'est parce que le Zen se trouve être l'héritier le plus oriental du bouddhisme de la tradition Mahayaniste/Daijo Kai (Grand Véhicule englobant Chine, Tibet, Corée et Japon) dont Nagarjuna/Ryûju fut un des éléments majeurs de l'école Mâdhyamika/Chûdô, la Voie moyenne ou - du milieu- par opposition à celle des théravadins/Jôza-bu = ceux qui appliquent la parole des aînés (concerne Ceylan, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos). Cette dernière est plus austère, conservatiste et rigide, fuyant une certaine forme de réalité, cherchant même refuge dans l'abstraction de la vie monastique.

Le vocable de Zen provient, au départ du terme sanscrit, Dhyana, désignant l'attitude de méditation concentrative qu'observait, dans sa démarche vers l'Eveil, le Bouddha sous son arbre de la Bodhi; ce qui fait dire, par simple amalgame postural, à nombre de "doux-illuminés" que Bouddha, lui-même, s'adonnait au zazen, alors que le vocable japonais lui est bien postérieur, de 1'000 ans au bas mot !

Le Zen japonais est donc l'héritier du Ch'an chinois et non l'inverse !

Du Dhyâna sanscrit, on passe au Tch'anna ou Ch'an (lumière intérieure) chinois dont les précurseurs furent Tao-An (312-385), Houei-Iuan (334-416) qui ne manquent pas de rapprocher l'enseignement du Bouddha de celui du Taoïsme de Lao-Tseu, contenu dans le Dao-de-Jing, taoïsme dont l'apport est indéniable. Ceux-ci tinrent compte conjointement, aussi bien des écrits de Tchouang-Tseu, de Confucius, que ceux du Yi Jing, tout en imposant, à la base, la méditation bouddhique, la Dhyana. Ne pas oublier que ce fut Kumarajiva (344-413), moine-missionnaire indien, qui transmit à la Chine, après un voyage de plus de plusieurs milliers de kms, le fameux concept de vacuité, énoncé par Nagarjuna. Bodhidarma (470-543) /Bodaï-Darouma en japonais, figure centrale et initiatrice de ce courant bouddhique, est considéré comme le 28ème successeur de l'enseignement que dispensa Shakyamuni à Mahakaçyapa. Parti d'Inde, il se rend finalement en Chine, débarquant lui aussi à Canton en 527 afin d'y enseigner le Lankavatara Sûtra (Sutrâ de l'avatar de Lanka ou Ceylan) d'Asanga (philosophe du 5è ap.J.C?) et surtout le Ganda-Vyûha Sûtra (quête de la boddhicitta ou illumination). C'est lui qui aurait fondé le célèbre monastère de Shao-lin sur le Mont Song où il passera quelques neuf années à contempler le mur (pi-kouan) s'étant retiré du monde, de ses kabbales et de ses fastes et à rédiger son Traité des deux accès .

Son principal disciple Houei-Ko/Eka (486-593) eut comme successeur Seng-Tsan/Sôsan mort vers 606, auteur présumé du merveilleux Hsin-Hsin-Ming (Shin Jin No Mei en japonais) ou Inscrit sur la foi en l'Esprit, poème faisant l'apologie de la non-dualité et que tout personne "en recherche" se devrait de connaître par coeur :

"La Voie parfaite ne connaît nulle difficulté
sinon qu'elle se refuse à toute préférence.
Ce n'est qu'une fois libérée du rejet et du désir
qu'elle se révèle dans toute sa clarté...
."

Vinrent après Tao-shin/Dôshin (580-651) et Houng-jên/Gunin (605-675). Comme dans toute lignée, il y eut des contestataires, ce après la mort de Houng-jên, entraînant une scission entre l'école du Nord (école de l'apprentissage gradualiste spirituel) et l'école du Sud (dite école subitiste de l'éveil); celle-ci eut lieu entre deux de ses diciples, Chên-Hsiou, le mystique et Houei-Neng (638-713), le dialecticien pragmatique. Il disait en particulier " Ne vous laissez pas bouleverser par les soutras, bouleversez les plutôt !

Parmi les maîtres qui lui succédèrent, on trouve: Matsu/Baso (709-788), Houang-Po /Obaku (- 850), Lin-Tsi/Rinzaï (- 867), Zhao-Zhou Congshen/Jôshu(778-897), Te-shan (780-865), Yunmen-Wen-yan/Unmon (862-949) auquel on doit " A l'intérieur du cosmos, au sein de l'univers se trouve un trésor. Il se cache à l'intérieur du corps, Nous prenons une lampe et l'emmenons dans le temple de la méditation. Nous ouvrons la Grande Porte et brandissons notre lampe ...!", et parmi d'autres encore Fa-Yen/Hôgen (885-958).

Les fondateurs du Zen au Japon furent le moine Esaï/ Yôsaï (1141- 1215) et Dôgen (1200 -1253), le premier héritier de l'école Rinzaï, le second de l'école Soto. Parmi les recueils les plus célèbres expliquant le Zen, on trouve " Les dix tableaux de la quête du boeuf " illustrations des étapes explicatives du parcours  vers l'Eveil.

Taishen Deshimaru en fut le "diffuseur" en Occident à partir de 1967. Certes, il ne fut pas le premier, n'oublions pas que Jung, Durckheim, Durix et bien d'autres initiés précurseurs ont pratiqué le Zen d'une autre école (Rinzaï ou Obaku), avant sa venue à la fin des années 60. Une explication amusante de la dénomination Soto (Seng-Tung) voudrait que ce soit la juxtaposition des préfixe des noms Sôsan et Tozan, simple à comprendre!. Il serait totalement incorrect de stéréotyper le Zen uniquement à l'école Soto, cela entraînerait des vues erronées.

Voici quelques uns parmi les auteurs les plus célèbres du Ch'an et du Zen:

- Sêng-ts'an/Sôsan (- 606), le ShinJinMei, le célèbre poème de la Confiance en l'Esprit apaisé.

- Gengaku/Yoka Daishi [Daishi signifiant grand maître] (665-713), le Shodoka, Cheng-Tao Ke " Chant de l'immédiat satori "ou "chant de la voie de la Réalisation" - "nous ne devons chercher ni les feuilles ni les branches, mais retourner à la racine" [Daishi signifiant grand maître], 

- Houei-neng/Enô (638-713), le Fa-Pao-Tan-Ching, compilation de ses fameux sermons et discours, le Sûtra de l'Estrade sur les pierres précieuses de la Loi , 

- Hiuan-Kio/Yôka-Gengaku (665-713) - disciple de Houei-Neng et son Chant de la certification de la Voie (Cheng Tao ko)  

- Che-t'eou/Sekito (700-790), le San Do Kai ou la Grande Synthèse de la Voie,

- Matsu/Baso (709-788), ses célèbres "Entretiens" développant la notion si importante de genèse des boddhisattavas, le Tathâgatagarbha, à savoir la " nature de Bouddha ", inhérente dans chaque être.

- Saîcho/Dengyô-Daishi (767-823) fondateur de l'école Tendaï, les commentaires sur les (Nirvâna sûtra) Nehan-gyô, (sûtra du Lotus de la Bonne Loi) Hokkegyô, le (Mahavairocana Sûtra) Dainichi-kyô ...

- Kukaï/Kobo-Daishi (774-835), fondateur du Shingon, avec les commentaires magistraux des Avatamsaka sutrâ, le Kegon-Gyo, du sûtra du Diamant, Vajracchedika sutrâ, le Kongô-chôgyô et Vajrashekhara sûtra, le Sangô-Shiki Gyo,  

- Houang-Po/Obaku (-850), fondateur de l'école du même nom, le Densshin Hogo (traité sur les fondements de la transmission du mental cosmique).

- Tong-Ch'an/Tosan Ryokai (807-869), considéré comme le fondateur de l'école Soto, l'Hokyo Zan Mai, Samadhi du précieux miroir selon les cinq degrés de la connaissance.

- Houan-Wou (1063-1135), le Pi Yen Lu ou Hegikan Roku, le Recueil de la falaise verte, recueil célèbre de kôans.  

- Kakuan, (- 1168), maître rinzaï et ses Dix tableaux du dressage du boeuf

- Wanshi (- 1175), le Zazenshin ou esprit du zazen et le Shoyo Roku, recueil de 100 koans

- Mumon-Ekai (1184-1260), le Ou-men Koan (la porte sans porte), encore de nombreux kôans célèbres.  

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- Dôgen (1200-1253), le Shobogenzo (Bendowa, Gengokôan, Sokushin zebutsu ...) ou l'oeil-trésor du véritable enseignement, le Fukan-zazenji (manuel destiné à répandre la pratique correcte de zazen), le Sansho-Dei (Poèmes de la pomme de pin), Hachi Dainin Gaku ou les huit aspects de l'Eveil,...  

- Dai O Kokushi (1235 - 1308) - La voie du Dharma

- Mûso (1275-1351), le Muchû-mondo ou "dialogues dans le rêve" et la remise en valeur du Kojiki (chroniques des Choses anciennes composé au VIIIè.s à l'époque Nara), il fut en outre un grand peintre sumi-e et le grand maître de l'art des jardins, dont celui du temple Tenruyji près de Kyoto, art né à l'époque Nara.  

- Ikkyoû (1394-1481), le moine fou, anti-conventionnel à souhait, avec ses "nuages fous", texte symbole du non-attachement et un traité sur l'art du Thé.  

- Toyo Eicho (1429-1504) le Zenrin-Kushu, anthologie de quelques 10'000 vers extraits des textes bouddhistes, taoïstes, classiques et populaires pour les étudiants zen.  

- Takuan (1573-1645), l'écrit sur l'art de l'escrime: Fudô-chi-shimmyo-rôku, les Mystères de la Sagesse immobile, le Tokai-yawa, Contes nocturnes de la mer Est.  

- Bankei (1622-1693), le maître errant et un des plus grands maîtres du Zen, écrivit nombre de sermons et le Daiho Hogo ou recueil des Grandes Instructions.

- Tetsugen (1630-1683), maître par excellence de l'école Obaku, fit un commentaire magistral du Prajna-paramita-sûtra et publia la traduction du Tripitaka, canon bouddhique dont l'Abhidharma, comptant quelques 6956 volumes.

- Torei (1721-1872) le Shûmon-munjitô-ron ou Traité des lampes infinies de l'école du Zen.

- Hakuin (1687-1768), père du Rinzaï moderne, sans lequel le Zen ne serait pas devenu aujourd'hui ce qu'il est (propageant son enseignement principalement parmi les laïcs) avec un remarquable "Chant de méditation" - le Yasen Kanwa: "Conversation oisive sur une barque de nuit" et le Zazen Wasan (hymne à la gloire du zazen).

- Kôsen (1816-1892) le Zen Kai Ichiran ou la Houle dans la mer du Zen

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Le Zen en général se caractérise par la pratique de Zazen, méditation assise selon une posture précise par laquelle l'on doit effectuer la liaison Terre-Ciel avec la colonne vertébrale. Les temps de méditation varient, que ce soit pour la méditation quotidienne ou hebdomadaire ou lors de sesshins. Ils favorisent la paix de l'esprit et le pouvoir de concentration vigilante en fonction des pratiques de respiration et de décantation des pensées. Certaines écoles font de zazen leur fer de lance, à en devenir des bouddhas assis; d'autres prônent le Zen en marche, d'autres plus actuels, même au volant ! Les puristes aiment mieux parler de concentration que de méditation. Le Zen est une des formes de samadhi, assise en l'occurrence. J'ai trouvé récemment une charmante traduction chinoise de samadhi : " mise en ordre ". C'est un peu cela que le Zen, mettre de l'ordre dans son esprit d'abord, dans son intérieur par la suite et, par voie de conséquence, dans les relations avec l'extérieur.

Mais revenons à cette position assise et au Shikantaza, le fait de s'asseoir simplement. Il est considéré comme la pratique du zazen à l'état pur. Le fait d'être assis en pleine nature devant un beau paysage, en se laissant absorber par l'Univers qui vous entoure, c'est déjà du Zen. Comme Mr Jourdain, vous avez certainement du faire du Zen sans le savoir !

La finalité existentielle du Zen est de parvenir au Satori. Etat d'Eveil qui permet de s'attendre à l'inattendu, de s'y adapter dans l'Ici et Maintenant pour vivre au-delà ! Ayant donc abandonné son ego avec les attentes et attachements inhérents à la volition de parvenir à ses fins, on peut pratiquer Zen selon Mûshotoku ou esprit de non profit. Ainsi votre pensée se retire des choses qui l'entourent matériellement pour entrer dans un domaine sans émotions, libérée de celles-ci dirons-nous plutôt, dans cet état qu'on nomme pensée-sans pensées, ni arrière-pensées (Hishiryo).

La terminologie zen jouit d'un vocabulaire complet, en idéogrammes japonais, qui balise le parcours du "parfait méditant". Le Zen a influencé des domaines artistiques comme la  cérémonie du Thé, la calligraphie, la poterie, l'art floral ou Ikebana mais aussi la quasi-totalité des arts-martiaux de l'aïkido au kuydô en passant par le bushido.

Le Zen trouve aussi des applications directes dans différents arts qui lui sont intimement liés, tels :

- l'art du thé (Tcha-no-you), préparé selon un cérémonial traditionnel et ancestral (la légende voudrait que Boddhidharma, fermant les yeux pendant sa méditation, se soit coupé les paupières afin que ses yeux soient perpétuellement ouverts et que celles-ci, tombées dans la terre, aient donné naissance aux feuilles du théier)

À propos de thé, voici une anecdote qui contient toute la sagesse du Zen :

" Un grand maître Zen, reçut un jour un professeur renommé, docteur honoris causa de nombreuses facultés. Celui-ci désirait vivement s’informer sur la nature et l’esprit du Zen. Le maître lui servit, comme la tradition d’accueil le veut, une tasse de thé. L’ayant rempli jusqu’à rabord, il continua à verser jusqu’à ce que le professeur, excédé de voir le liquide déborder de sa tasse, s’exclama:  « Halte là, ma tasse est pleine, plus une goutte ! »

Comme seule réponse le maître lui dit: « A l’image de cette tasse, tu es arrivé tout débordant de tes opinions, préjugés, attentes.... Comment pourrai-je te montrer ce que tu cherches si tu ne vides pas d’abord ta tasse, car il n’y a déjà plus de place ? »

- La calligraphie (Shô-do) et la peinture (Soumi-é) au soumi, pierre à encre naturelle." Sesshu (1420-1506) et Shubun au 15ème siècle, furent des grands maîtres zen de cet art pictural. C'est par la pratique que l'on apprend"; la calligraphie et la peinture sont des pratiques de différentes techniques dont le hobaku, technique de l'encre brisée et le suiboku (encre de chine et eau) furent très prisés par les peintres zen et pour certaines fameuses estampes japonaises. Le bokuseki ou trace ronde laissée par l'ombre définit parfaitement son attachement à l'esprit zen, impermanence et vide.

- l'art floral ou Ikebana est basé sur des concepts bouddhiques dont celui de l'écoulement du temps. On y retrouve les notions de passé, présent et futur ainsi que l'évocation des quatre saisons suggérée par les différentes étapes de croissance des éléments végétaux, agrémentée et ordonnée autour de celles-ci.

- la constitution et l'arrangement des jardins (comme le dirait si bien Arnaud) selon l'approche zen, sont mondialement reconnus par leur beauté et leur dépouillement. Muso fut un des grands maîtres de cet art, issu de l'époque de Nara (VII-VIIIè s.). Jardins qui obéissent au précepte suivant: l'homme ne doit pas chercher à soumettre la nature à ses lois, mais au contraire se fondre en elle en observant ses rythmes subtils et primordiaux pour mieux trouver sa place au sein de l'Univers. Dans cette philosophie de l'aménagement des jardins et de l'art floral, on nage, si je puis me permettre, en pleine écologie. Dommage qu'elle ne soit limitée qu'aux vases et aux jardins !

- l'art de la poterie (pour faire les tasses de thé, par ex., ou les vases d'Ikebana) dans lequel prédominent les notions de Wabi, la rusticité (dépouillement intérieur, recherche de la simplicité) et Sabi, la patine issue du temps et de la patience.

- l'art de la poésie avec le Haïku, bref poème de trois vers (5-7-5 syllabes) dont l'apogée se situe au 17è (époque Edo). Je vous en livre un: le vieux calendrier - me remplit de gratitude - comme un sûtra.

- Le théâtre a des liens très étroits avec le zen: le plus grand auteur-interprète fut Motokiyo Zéami (1363-1443), ami du moine fou Ikkyoû et du maître de celui-ci.

Pour les mordus de l'histoire, signalons que toutes ces formes artistiques virent leur apogée durant l'époque Muromachi (1333-1673) contemporaine de celle Ming en Chine (1368-1644), succédant à celles Kamakura (le fameux bouddha), contemporaine de celle Sung, Heian et Nara (la dynastie Tang fut à cheval sur celles-ci).

Après les arts paisibles, passons à quelques arts martiaux nettement plus combatifs, quoique chacun devrait être pratiqué selon l'esprit de la Voie, le Dôshin

- l'Aïkido ou la Voie de l'énergie du Ciel (méthode de défense et de contrôle de son ki; par voie de conséquence, aussi de celui de ses adversaires) enseignée par le Me Ueshiba. Le but fondamental de l'Aïkido est de permettre au ki de circuler harmonieusement dans chaque être qui pratique cette méthode. 

- le Judo, art le plus répandu, fondé par Me Kano, est la Voie souple qui permet au faible de triompher du fort. C'est le Me Kawaishi qui en fut son principal diffuseur et instructeur en Europe dans les années 50. Même si c'est la voie souple, il ne faut pas être douillet, David qui s'en dédie..!!

- le Karatédo, la Voie des mains nues, que l'on fait remonter au Kung Fu et à Bodhidharma, voit sa naissance en Chine dans l'ile d'Okinawa, destiné qu'il est au début à se défendre contre les envahisseurs. Son fondateur est sans conteste Gishin Funakoshi. Il existe de  nombreuses écoles (Shotokan, Wado-ryu, Go-ju-Ryu, Shito-Ryu,  Kyokushinshai ...) de cet art qui, contrôlé au départ, peut se muer par le biais du Full-Contact en vraie "boîte à gifles", sans commentaire...!

- l'art du Ïado, dégainement du sabre véritable, en acier trempé, effilé comme une lame de rasoir, sous ses trois grandeurs Katana, Wakizashi, Tanto. Le Ïado se définit comme " trancheur d'ego "; celui qui pratique cet art doit arriver à ne faire plus qu'un avec le sabre, sans se faire Hara-kiri ou Sepuku !

- l'art de l'épée, le Ken-do se pratique actuellement, seulement, avec des épées en bambou ou en bois, heureusement ... sinon bonjour les dégâts! Originellement, c'était l'art des samouraïs qui, avant de tuer l'adversaire, devaient avoir intégré le fait de savoir se tuer d'abord, métaphore illustrant le dépassement l'ego afin de parvenir dans un état de Mushin, non-mental

- le tir à l'arc ou Kyu-do, peut-être le plus hermétique pour l'esprit occidental, l'important n'est pas d'atteindre la cible, l'arc, la flèche et la cible ne font qu'un, c'est la perfection du geste qui compte au delà de l'homme et de la cible.

- le Bushido, la voie des Samouraïs ou code d'honneur et moral de tout guerrier qui se respecte, trop long à décrire ici. Il est à relever que le kanji Bu signifie arrêter l'épée, cesser d'utiliser son arme pour arriver finalement à cesser de se battre. Ici, l'on retrouve l'idée de base des mystères de la Sagesse immobile. La plus grande victoire que l'on peut remporter est celle sur soi-même, le combat intérieur est le plus difficile, car c'est le seul vrai combat de la Vie. C'est la simple transcription de la tradition zen dans le contexte du valeureux guerrier éveillé.

J'aimerai apporter une précision au sujet des arts martiaux. Ils étaient à la base conçus initialement pour permettre de se défendre; arrivés en Occident, ils sont tombés peu à peu dans l'engrenage de l'illusion compétitive et ont perdu, en le dénaturant totalement, leur esprit initial précité, J.L. Jazzarin l'a décrit dans "l'Esprit du Judo". On ne fait pas de combat de Tai-Chi, mais on peut faire des katas de karaté qui sont tout aussi impressionnants et valorisants à tous points de vue dans leur exécution perfectible. Être simplement dans le mouvement sans avoir à prouver... quoi et à qui?

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Pour finir, le Zen est notre esprit de chaque jour, à chaque instant, ici-même, celui qui a pour essence de nous permettre de vivre au mieux selon le Dharma (les excellents enseignements du Boudha) dans notre vie courante.

Yun-men ne disait-il pas:

Dans l'action, contente-toi d'agir.
En pensant, contente-toi de penser,
mais avant tout, cesse
l'agitation de ton mental
."

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